Please Kill Me – Legs McNeil, Gillian McCain (1996)

Voilà une bible bien particulière, un pavé mythique que j’ai – enfin – terminé : Please Kill Me: L’histoire non censurée du punk racontée par ses acteurs, de Gillian McCain et Legs McNeil, recueil d’entretiens réunissant un tas d’acteur et d’actrices (quoique beaucoup moins) du mouvement punk. J’en ressors avec une vague sensation de dégoût fort à propos, et une question médicale : comment Iggy Pop peut-il être toujours parmi nous aujourd’hui ? Plus globalement, il y a comme un paradoxe dans le fait que de telles œuvres aient pu émerger du marasme glauque décrit dans ce livre. Au-delà du contenu, c’est son style qui en fait clairement un document à part. Chaque intervention, ultra subjective par nature, ne donne qu’un éclairage partiel sur la situation, parfois contredisant le précédent et renforçant encore cette impression de chaos et de flou. Personne, d’ailleurs, n’est vraiment sympathique dans cette histoire, et pas grand chose ne nous est épargné. Il y est finalement assez peu question de musique, mais plutôt des parcours chaotiques de personnalités plus ou moins paumées, perchées, politisées, hargneuses ou cyniques. Mais quelque chose émerge de cette impression d’assister à un défilé de soirées moisies, de plans foireux, de blackouts, d’agressions et de morts violentes. J’ai en effet appris et ressenti pas mal de trucs à la lecture de ce bouquin qui, de par ses témoignages, dit beaucoup de la condition sociale de celles et ceux qui peuplent ses pages, et sur son époque.